Cet itinéraire longe dix façades remarquables dans la partie la plus ancienne de la ceinture de canaux, du plus vieux pignon à redans de la ville à la façade la plus étroite d'Amsterdam.
La première tranche de la ceinture de canaux
Ce que vous voyez ici résulte du plan d'extension par lequel Amsterdam entama en 1613 sa plus forte poussée de croissance.
Bâtie entre 1613 et 1625 : la partie ouest de la ceinture fut réalisée en premier, d'où une architecture plus ancienne et plus sobre que dans la partie sud.
Deux siècles dans une même rue : le Siècle d'or s'y mêle au Moyen Âge. Pignons à redans, pignons en cloche et pignons à col se côtoient souvent, ce qui fait de cet itinéraire un cours de façades à ciel ouvert.
Pourquoi les maisons sont si étroites : l'impôt foncier était calculé sur la largeur de la façade. On bâtissait donc étroit et en hauteur, avec une poutre de levage au sommet pour hisser les marchandises au grenier.
En bordure du Jordaan : l'itinéraire effleure le Jordaan, le quartier ouvrier aménagé à la même époque mais aux rues bien plus étroites et aux maisons plus modestes.
Les dix étapes (1600 à 1660)
À presque chaque étape, tout se joue sur la façade : la plus ancienne, la plus haute, la plus large ou au contraire la plus étroite de la ville.
Singel 2 (1611) Het Spaanse Huis possède le plus ancien pignon à redans d'Amsterdam, et l'un des plus larges. Ce type de pignon était la norme au début du dix-septième siècle.
Korte Prinsengracht 5, 7 et 9 (1620, 1750 et 1653)
Cent trente ans de façades côte à côte : un pignon à redans de 1620, un pignon en cloche de 1750 et un pignon à col de 1653. Nulle part ailleurs l'évolution n'est aussi ramassée.
Prinsengracht 2 (1641)
Une maison d'angle dotée de pignons à redans sur deux côtés, chose rare puisque la plupart des maisons n'étaient soignées que côté canal.
Karthuizersstraat 89-171 (1650)
À l'emplacement de l'ancien couvent des Chartreux fut aménagée une cour pour veuves, le Huiszitten-Weduwenhof, aussi appelé Karthuizerhofje. Généralement accessible en journée, mais on y habite.
Prinsengracht 154
Exemple frappant d'une maison qui, derrière sa façade, part en biais par rapport au canal. Le pignon paraît droit, mais le bâtiment est de travers.
Herengracht 168 (1636)
Le plus ancien pignon à col d'Amsterdam. Cette forme, avec sa partie centrale surélevée et ses volutes sculptées de part et d'autre, remplaça peu à peu le pignon à redans.
Keizersgracht 123 (1622)
La Huis met de Hoofden, ou maison aux Têtes, est un bâtiment de brique rouge orné de pierre blanche et de six têtes de dieux. La tradition populaire y voit des cambrioleurs surpris ; il s'agit en réalité de divinités antiques.
Singel 104 et 106 (1740)
La plus haute paire de pignons en cloche de la ville, de style Louis XIV. Deux maisons identiques conçues comme un seul ensemble.
Kattengat 2 et 4 (1614)
Le Gouden et le Silveren Spiegel, paire de pignons à redans de style Renaissance hollandaise, avec l'alternance caractéristique de brique et de pierre.
Singel 7
Avec environ un mètre, elle passe pour la façade la plus étroite d'Amsterdam. Attention : il s'agit de la façade arrière d'un bâtiment plus grand, non d'une maison complète. La plus étroite véritable maison se dresse Oude Hoogstraat, sur notre itinéraire du vieux centre.
L'itinéraire en bref
Un parcours compact que vous bouclez aisément en une matinée ou une après-midi.
Distance et durée : environ trois kilomètres, à parcourir en deux heures et demie, pauses comprises. À vélo, comptez une petite heure.
Départ et arrivée : vous partez du Singel, à dix minutes à pied de la gare centrale, faites une boucle par le Jordaan et revenez tout près de la gare.
Quand y aller : tôt le matin ou vers le coucher du soleil, quand la lumière frappe les façades de biais. Le lundi et le samedi, le marché se tient sur le Noordermarkt, sur le trajet.
Levez les yeux : les plus beaux détails de cet itinéraire se situent au-dessus du regard, dans les pierres de façade, les couronnements et les poutres de levage.